Archives de Catégorie: Le point de vue de Lomalenver

Gvain (suite)

G20
T’as rien
J’ai tout

Ils se retrouvent
Les géants du PIB
Font de la pub
Exhibent
Leur intention
Mais se refusent
A toute action

Apéro et caviar
Ils la préparent
La fucking Cop 21
Loin du bien commun
Incapables d’envisager
L’imprévisible
De prévenir
L’irréversible

Entre ponction et perfusion
Ils entretiennent l’illusion
D’une éternelle thermo industrie

Ils privilégient le déni
Nos quinquas mâles occidentaux
Favorisent l’injustice sociale
Ferment de la violence
Forçats de la doxa libérale
Flatteurs du ça
Ils nous rapprochent
D’une ère infernale
Les gros bras du G20

Et nous éloignent
Encore et toujours
De la sobriété égalitaire
Jusqu’au prochain G20
Sans lendemain

 

 

 

G20 la suite

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UNE SACRÉE SAINTE PAIRE

Père Bergoglio, mais t’es qui toi ? Rien de moins que le chef spirituel d’un milliard de cathos et le porte parole de Dieu sur Terre.
Il n’est pas gâté le boss du Vatican : sa banque, l’IOR, tient plus du casino pour sa gestion financière, et la gouvernance de la curie, d’une République bananière ; et surtout, pas un scooter devant les églises.
Qu’à cela ne tienne, le Père Bergoglio il a pratiqué la junte militaire Argentine ; alors, même pas peur. A la manière d’Héraclès il la nettoie la curie, du sous-sol de Saint Pierre au plafond de la Sixtine : reprise en main des comptes tordus de sa banque, et dans la foulée, mise au pas du Collège des cardinaux.
Et comme si ça ne suffisait pas, il a le culot de s’occuper des pauvres, de regarder les femmes dans les yeux, de cirer lui-même ses pompes papales, et même d’imaginer décoincer l’appareil religieux à défaut de tous ses apôtres ; ah le jésuite ! Et cerise sur le camauro, il prône l’écologie. Non pas qu’il veuille ripoliner le transept des cathédrales en vert. Non non ! Il milite pour l’écologie intégrale, pas moins que « le bien de la famille humaine dans le respect de la maison commune ».

Respect le Pape François !

Toi aussi va lire son Laudato si’, crois-moi ça ne fera pas de toi une grenouille de bénitier :

http://services.la-croix.com/documents/

Lomalenver à confesse

 


Chasseur cueilleur pilleur

Nous traversons la fraîcheur matinale en sinuant dans les hauteurs du Mercantour. Hésitant parfois dans la direction à suivre le long d’un sentier incertain, à gauche à droite, vers le haut, vers le bas, dans un interminable va et vient qui nous fait gagner quelques mètres, quelques dizaines de mètres et au final nous élever de quelques centaines de mètres. Nous avançons librement dans les creux et les bosses de la terre en direction de La Tête de L’Enchastraye. Une plateforme mille fois foulée par des génération de randonneurs dominant des vallées aux mille vaches sonores qui s’appliquent méthodiquement à tondre la pente pour faire le plein de leur alambic à or blanc.

Quelques heures plus loin, chacun s’attache laborieusement à s’arracher à la verticalité de l’endroit ; au dessus de nous planent quelques aigles. Silencieux, ils surveillent leur domaine. Nous croisons un troupeau de bouquetins qui s’active à gratter le minéral en quête du frugal végétal. Quelques mètres nous séparent de leurs regards orangés. S’amusent-ils de nos pitoyables efforts à nous soustraire à la vertigineuse gravité rocailleuse du coin, à moins que ce ne soit qu’une indifférente vigilance ?
Isolé dans mon attention à gagner le sommet, exigeant de mon corps de taire la fatigue, je jubile de la démesure de l’endroit, de la joie de m’éprouver bien vivant dans cet espace écrasant de beauté, de puissance, d’éternité.

Et dire que certains rêvent de Dubaï, de sa haute tour Burj Khalifa, de l’effervescence neigeuse de ses centres commerciaux aux mille consommateurs jamais rassasiés. Que la démesure de la nature est belle, paisible, effrayante et pourtant si rassurante, intemporelle quand celle des hommes me paraît si dérisoire et si provisoire.


HOMO ECOSYSTEMUS

A contrario de l’espace Schengen nos organismes accueillent une palanquée d’étrangers, aux environs de 100 billions : des bactéries, alors que nous sommes constitués de plus ou moins 50 billions de cellules. Vous l’aurez compris nous sommes accueillants, sans qu’il s’agisse d’une décision politique mais bien d’un comportement inné. Comme c’est étrange de penser présider une communauté d’inconnus et se sentir chez soi en minorité. Jamais ces travailleuses clandestines n’ont fait l’objet de reconduite aux frontières de nos corps, même si parfois nos méthodes d’éradication de ces sans-papiers, quand elles sont pathogènes, n’ont rien à envier à une traversée de la méditerranée en zodiac et sans moteur.
Dans les tripots de nos tripoux s’agitent nos auxiliaires de vie, elles stimulent nos systèmes nerveux, nos défenses immunitaires ; cette multitude pollinise pacifiquement les méandres de nos entrailles. Cette confédération paysanne d’artisans biologiques cultive nos intérieurs, transporte et transforme en énergie les aliments, stocke et dégrade les toxines, finalement nous rend la vie possible. Et, nous leur rendons mal, confits dans le sucre et le gras, maltraitant nos corps et nos métabolismes, au risque d’altérer gravement cet écosystème portatif.
L’écologie ne peut se limiter au social, à l’économie, à l’environnement, il est urgent de définir les termes d’une écologie digestive.

 
Lomalenver a le diable au corps !

 


Économie de marcheur

 

 

 

 

 

 

 

Économie de marcheur

 

 

 

Le terme d’économie de marcheur désigne un système d’observation où les décisions d’éprouver, de sentir sont déterminées majoritairement à l’aide d’informations résultant de la confrontation de la nature et du corps établie par le libre jeu des sens. Confrontation qui détermine les informations d’émotion, de sensation, de beauté mais aussi de rareté. Pour d’autres auteurs, tel le guide de haute montagne Lomalenver, ce terme « n’appartient pas à la tradition économique, mais bel et bien au vocabulaire bucolique […] le terme d' »économie de marcheur » ne renvoie donc à rien de précis sur le plan scientifique. »

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Lomalenver est redescendu des Alpages et a remis les pieds sur le hors sol urbain

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Oxi

La rame file à toute bombe, trois cents à l’heure, malgré la vitesse sidérale de l’autorail sur le plateau de Beauce, j’ai le temps d’apercevoir un troupeau de chevreuils. Les animaux paissent nullement importunés par le vacarme électromécanique du TGV, ils semblent se régaler des juvéniles pousses de blé délicieusement saturées d’intrants biocides et de carbonés facteur croissance. Insouciante, l’élégante et délicate petite troupe matinale absorbe le létal végétal.

Je feuillette sans entrain les pages de l’Humanité, les nouvelles du monde me fatiguent, je ferme le canard et les paupières sur mes yeux.

– TRRRRom Tam Tam Talam, Mesdames, Messieurs, il est 8h40 le TGV arrive au port du Pirée, port du Pirée terminus de ce train.

Qu’est-ce que fais là, je devrais être à Paris. Mon voisin m’explique que les Français qui soutiennent Stipras dans son référendum, sont déportés en Grèce et déchus de la nationalité Française, et qu’en grec :

– Oxi, c’est « non », oh que si !

Il rit et s’emporte :

– Vous savez, quand les figures de la raison éclairée nous expliquent l’irresponsabilité du peuple et du gouvernement Grec, ils nous invitent à embrasser le « oui », alors je dis : oh que non ! Comme un hoquet de l’histoire, les élus et les éditorialistes libéraux martèlent qu’en dehors du « oui », no way ! Ils préfèrent le Nai grec !

Je lui réponds que j’ai le pied égyptien et que je rentrerais bien chez moi ; j’ajoute craindre un épais brouillard de Damoclès sur la Grèce et l’Europe dans les semaines qui viennent.

 

– TRRRRom Tam Tam Talam, Mesdames, Messieurs, kalimera, il est 8h41 le TGV arrive en gare Montparnasse, gare Montparnasse terminus de ce train.

 

 

 

Samothrac€

Samothrac€


Iche hatte albträume

 

Ce matin je somnole à moitié dans la rame du TGV qui file à toute bombe sur le plateau de Beauce ; mon regard se pose sur quelques chevreuils qui galopent à l’horizon, l’élégante légèreté de leur course dans les brumes matinales m’attriste.

J’ouvre à nouveau mon journal, L’Humanité, j’essaie une fois de plus de lire l’éditorial de Patrick Appel Muller, « Agissons pour le peuple grec ».

– Mezieurs dames, gontrôle des billets z’il vous plaît.

Je suis surpris par l’accent allemand du contrôleur ; il me rend mon coupon Fréquence et ajoute en ouvrant une porte :

–  Bremière classe et abonné, vous bouvez entrer mezieur.

Il y a beaucoup de monde à l’entrée du compartiment; au dessus de la porte, je lis l’enseigne lumineuse, « Winstub Marktkonforme Demokratie ». P.A.M, l’éditorialiste de l’Huma me glisse à l’oreille :

–  C’est la taverne de « la démocratie conforme aux exigences du marché »,  je reconnais qu’en allemand ça sonne mieux.

Je file vers le bar, une serveuse tire une bière brune sur la tête de Hollande allongé dans un fauteuil de coiffeur :

– Refaites-moi une couleur que je me sente jeune.

– Ja, ja, herr president !

Sur une scène, Yunker en costume à paillettes annonce l’entrée en scène du Troïka’s Band ; le groupe interprète un rap en grec, je ne comprends rien, je reconnais le son,  oui ! C’est bien ça, c’est  « l’Empire du côté obscur » d’IAM.

J’ai envie de danser, je demande une bière à la barmaid, elle m’ignore.

J’insiste pour avoir une bière, la serveuse s’énerve et me dit que la maison ne fait plus crédit. Outré,  j’insiste et jette des euros sur le bar ; elle se met à hurler :

– Angela, Angela.

Merkel, assise derrière le bar face à une énorme caisse enregistreuse, range des liasses de billets ; elle se redresse, quitte son tabouret et se dirige vers moi accompagnée de deux dogues. Mais non, en fait elle tient en laisse Renzi et Rajoy simplement vêtus de caches sexes sado maso en latex. Menaçante elle m’invective, je suis effaré. Une bagarre éclate et à mes cotés, Tsipras et Varoufakis qui sirotaient un Ouzo, abandonnent le zinc pour m’aider ; ils balancent à la volée des pains au service d’ordre. Nous sommes rapidement débordés par les gros bras teutons qui nous attrapent et nous jettent littéralement à la porte.

 

– TRRRRom Tam Tam Talam,

– Mesdames mezieurs, il est 8h40 le TGV arrive en gare Montparnasse, gare Montparnasse terminus de ce train….