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À propos de lomalenver

Mon sujet est sans objet, non mais !

Pour quelques minutes de plus

Nous quittons la rocade direction le parc de Chambly, et au rond point après la bretelle de sortie nous prenons la direction du funérarium.

L’allée de verdure qui mène au crématorium, et le parc qui l’entoure, contrastent avec la froideur impersonnelle du bâtiment en béton brut. L’immense jardin ornemental est composé de larges étendues de pelouse clairsemées de bosquets d’arbustes, d’arbres et de massifs fleuris, il s’organise autour d’un bassin encadré d’imposants vases d’Anduze surmontés de buis taillés en boule. Cet ensemble de verdure à l’esthétique simple et rassurante, produit une immédiate sensation d’apaisement, en particulier pour celui qui vient partager l’émotion et la douleur de la disparition d’un proche, plus prosaïquement pour celui qui vient se coltiner à l’angoissante question de la mort.

Nous enterrons papa ce matin, il a souhaité être incinéré, il l’a toujours souhaité devrai-je dire, et il ne manquait jamais une occasion de plaisanter sur ce sujet. A la question, «votre café avec ou sans sucre ?» Il répondait avec ravissement «avec, comme ça, ça sentira le caramel le jour de ma crémation», alors voilà nous y sommes.

Le maître de cérémonie nous invite à rejoindre le salon funéraire, avec mon frère et ma sœur nous accompagnons maman, elle ne semble pas affectée, elle m’a demandé plusieurs fois ce que nous faisions là, je lui ai répondu que nous enterrions papa, « mais on l’a déjà enterré », « non maman ! pas ton père, ton mari ». Après une fulgurante expression douloureuse, son visage avait repris cette apparence d’incrédule naïveté teintée d’absence :

– mais, il est où d’ailleurs ? Il ne devrait pas m’accompagner?

Nous accueillons la famille et les amis de la famille dans le salon en bois clair baigné par le tempo lent et répétitif d’un morceau d’électro. Mon père avait préparé depuis longtemps déjà «sa compil d’enterrement», noyée au milieu d’une palanquée de play-list musicales cosmopolites classées dans son iPod. Nous connaissions tous sa compilation, elle évoluait au fil du temps, il l’enrichissait de trouvailles musicales et de ses coups de cœur.

Le cercueil en carton estampillé «Bio Ecocert», à la doublure de coton garantie «Global Organic Textile Standard», est disposé à l’entrée du salon Érable à proximité d’une petite estrade rehaussée d’un chevalet sonorisé. Les enfants présents lorgnent avec une curiosité teintée d’effroi, la couronne de fruits et légumes déposée sur le cercueil, papa n’avait pas souhaité de fleurs, juste des fruits et légumes de saison. Offrir des roses en provenance du Sénégal ou d’Ethiopie, il pensait que ça n’avait pas de sens, autant acheter des courgettes ou des salades cultivés à proximité, et puis tant pis pour le caractère sacré du moment, une fleur de courgette c’est beau aussi, et, farcie c’est délicieux.

Mon frère et ma sœur ayant pris en charge maman, ainsi qu’une avalanche de dossiers administratifs et l’inévitable succession, je me débattais depuis quelques jours à l’organisation de la cérémonie accompagné par l’équipe digne et compassionnelle du funérarium. Nos conjoints et les enfants, secoués par cette mortelle effraction, participaient par leurs présences bienveillantes à la traversée du moment. J’ai respecté à la lettre les exigences et les consignes que m’avait laissées papa, qui je dois l’avouer ont bien atténué la tristesse et le désarroi qui m’avait saisi au moment de son décès. Il prolongeait ses facéties jusque dans le traitement de la cérémonie d’enterrement, c’était sa manière à lui de s’accommoder du réel et de supporter la gravité du monde, «la merditude des choses», du mystère de la vie et de la mort.

Il était inquiet pour notre mère, son état s’était pas mal dégradé ces derniers mois et les médecins ne cachaient pas l’irréversibilité de ses troubles, ils pronostiquaient plutôt leur aggravation. Nous avions évoqué la question de l’avenir de maman sans prendre de décision, il est parti trop vite, il est parti sans avoir le temps de dire au revoir.

Comment fait-on avec des parents qui vieillissent, qui vieillissent mal, quand les unités de lieu, de temps, d’activité ont explosé et que chacun se débat dans l’organisation de sa vie, de son travail, de sa famille, de ces loisirs ; quelle place pour les vieux, quand la famille n’a plus d’unité de lieu….

Dans sa dernière lettre de «consignes pour mon enterrement», qu’il actualisait régulièrement depuis des années. Il me la remettait en main propre exigeant à chaque fois que je lui restitue la précédente. Il avait spécifié de prendre contact avec la SARL Laeger, après l’incinération avant de déposer les cendres dans le caveau familial en Bourgogne et d’en disperser un peu sur les bords de la Grosne Orientale, à Saint Jean le Vieux, son parcours favori de pêche à rôder.

La cérémonie allait bientôt commencer et j’accueillais les derniers amis de la famille et de papa, je réfléchissais à la conversation téléphonique avec cette entreprise :Oui, en effet votre père a négocié une prestation auprès de notre entreprise, l’ensemble des frais ont été pris en charge, nous devons simplement récupérer une petite partie de ses cendres.

-Vous pouvez me dire de quel type de prestation il s’agit, je crains le pire avec mon père.

-Je suis désolé je ne peux pas vous en dire plus selon son souhait. Je vous propose d’informer notre agent régional pour qu’il prenne contact avec vous rapidement afin d’organiser la récupération des cendres.

Le maître de cérémonie propose à la petite assemblée de s’installer et demande la fermeture de la salle à ces deux assistants.

-Nous sommes réunis aujourd’hui autour de la famille de Raphaël, autour de Jeanne et leurs enfants, réunis pour les soutenir et partager la tristesse de ce départ, et aussi pour rendre hommage au mari, au père, au grand-père, et à l’ami qu’il fut.

Ses trois derniers jours me laissait vide, comme absent à moi-même, fatigué comme après un combat de boxe, j’entendais sans vraiment les écouter les témoignages de la famille, des amis, des petits enfants.

Nous sommes invités à maintenant a déposer une fleur, un message, une pensée sur le cercueil de papa, le mouvement s’accélère, la famille et les amis quittent le salon en marquant un arrêt devant le sarcophage en carton de papa. Le rythme est cadencé la réinterprétation de Blue Skies par Maya Janes Cole, version électro d’un standard du jazz, plus de sept minutes à chalouper devant la boite en carton. Je ferme la sortie du salon, dernier à passer devant cet emballage carton qui contient mon père, tout cela me paraît à cet instant irréel, il y a moins d’une semaine il était encore plein de vie et paf ! une aorte qui explose. Les assesseurs m’informent discrètement que le protocole de crémation va maintenant débuter et font disparaître le cercueil de papa par une cloison escamotable, ils m’invitent, si je le souhaite à assister à l’opération, je refuse.

-D’ici une demie heure nous tiendrons à votre disposition l’urne funéraire

-Je vais patienter ça m’évitera d’avoir à revenir.

Je profite de la sortie pour déconnecter la webcam et le dispositif de retransmission de la cérémonie sur le blog de papa, l’an dernier il m’avait dit «ça fait plus de deux ans que je n’ai rien publié, mais on ne sait jamais, un internaute égaré dans les limbes du big data». Il avait souhaité un direct comme un chef d’état et ensuite que l’on poste la vidéo comme dernier document sur son site, son clip pour clap de fin, avec un texte d’accompagnement :

Je suis là bien las

Les pieds sur terre

La tête à l’envers

L’âme en bandoulière

Je suis là bien las

Mais tôt ou tard

Je ne serai plus là ni las

Trois pieds sous terre

Après la catharsis émotionnelle de cette courte célébration, partage indispensable de la douleur et la tristesse, nous partons à la maison des parents pour l’apéro funéraire.

L’église y aurait mieux mis les formes certainement et nous serions repartis avec une réponse à la mystérieuse question de la mort, invérifiable ; avec le crématorium c’est le service minimum, du sur-mesure, sans le sacré, c’est qu’il s’agit d’optimiser le taux de remplissage des salons, le marché de la mort a aussi ses impératifs économiques.

Il nous faut reprendre au plus vite le cours normal des choses, vivre, à défaut du cœur léger, le cœur pas trop encombré de tout ce qui peut nous attirer du coté de la mort, vite, vite ; il nous faut se remettre en ordre de marche, ainsi nous nous retrouvons à la maison, un verre à la main, ça papote bruyamment, tout le monde s’efforçant au mieux de tromper le sujet du jour. Là aussi papa n’avait pas pu s’empêcher d’organiser les choses, en fait il avait confié à Thibault, un camarade caviste restaurateur, la gestion du « mortel cocktail » , c’était son intitulé de la prestation. Ils avaient choisi des vins naturels, « des vins vivants pour fêter la mort » et aussi pour ne pas ajouter « à la gueule de bois émotionnelle », et pour accompagner le vin des tartines de cochonnaille et de fromage dont Thibault avait le secret.

Cette fin de matinée ensoleillée dans le jardin végétalisé presqu’abandonné pouvait sembler festive, nous avons tous besoin de ce palier de décompression, pour évacuer les émotions avant qu’elles ne remontent, et elles remontent dés que l’on baisse la garde.

Nous réussissons avec mon frère et ma sœur à nous extraire du cocktail, tous les trois dans la cuisine, matrice familiale, enfin seuls ensembles, silencieux, suspendus dans un état second, mélange de fatigue, de trop plein d’émotion, de désarroi, de colère, de responsabilité et aussi heureusement d’humanité, de cette humanité fratripète, celle qui met entre parenthèse les jalousies, les rancœurs, ce qu’on appelle communément l’amour filial. Nos lignes de flottaison étaient repassées en dessous des paupières, et nos glandes étant lacri-minimales, et nos verres presque vides aussi, les conditions d’un gros câlin étaient réunies.

Les jours étaient passées nous replongeant dans nos quotidiens laborieux, pour ma part je m’abandonnais à mon travail pour éviter de trop penser à papa et à ce que nous devions faire pour maman.

Tant bien que mal nous traitions les inévitables répliques des tracasseries administratives, tout en essayant d’élaborer des projets de prise en charge de maman sans toutefois acter une organisation acceptable pour nous tous, la trêve post mortem commençait à se fissurer, chacun se retranchant derrière ses impératifs personnels. Nous trouvions compliquée une prise en charge par nous au quotidien, nous évoquions l’idée d’un placement, sans arriver à prendre la décision, nous nous sentions à la fois coupables d’abandon et incapable d’ assurer la prise en charge de notre mère. Elle était provisoirement accueillie dans un établissement médicalisé, mais nous savions pertinemment que ça ne pourrait pas durer.

Il était parti si vite, nos échanges ces dernières années se limitaient à l’intendance, je le regrettais, nous n’avions pas su installer les conditions de véritables discussions, de père à fils, de fils à père, de père à père, tout simplement d’homme à homme, j’avais préféré rester à la surface des choses, lui aussi certainement, je suppose. J’étais en colère, je m’accrochais aux souvenirs de son attention bienveillante, à ses grosses poilades avec ses petits enfants, à sa gloutonnerie, son vacarme sonore, son rire grinçant. Invariablement la colère disparaissait et laissait la place à la tristesse et je m’assurais de cette certitude, il m’aimait, il nous aimait tous, comme il aimait ses contemporains, à quelques gros connards près.

Il était parti comme il l’avait souhaité, il ne serait à la charge de personne et il ne voulait pas perdre son autonomie, son indépendance, et surtout, il ne supportait pas l’idée de la déchéance physique et psychique, il voulait pas d’un au revoir à un vieillard hagard et confus, baigné d’une insoutenable odeur de merde et de pisse, quand le vivant se décompose.

Quelques jours après la cérémonie au crématorium j’avais remis une petite partie des cendres au représentant de l’entreprise Laeger, sans obtenir la moindre information sur leur destination.

Le départ d’un parent c’est aussi l’arrivée des emmerdements, les comptes bancaires bloqués, l’état des actifs du passif, l’absolu nécessité obscène de fouiller dans l’intimité du défunt, en fait s’ajoute à la douleur du deuil une somme astronomique de tracas administratifs ; ça aide à tromper les émotions. Papa avait beau avoir anticipé sa mort, il n’en reste pas moins que nous devions assurer la mise en ordre de ses affaires.

Nous avions fini par identifier une maison de retraite, un Ehpad, qui pouvait accueillir maman, un établissement en campagne, à taille humaine si on peut dire, il y résidait une soixantaine de vieux. Les chambres équipées d’une petite partie de mobilier propre aux résidents, rendaient le lieu plus agréable de ce que j’avais pu visiter, genre clinique ante mortem aseptisée. Nous avions rencontré à plusieurs reprises le personnel et la direction, malgré les exigences comptables des établissements de santé public et les insupportables indicateurs qualité, nous avions ressenti une attention plutôt bienveillante vis a vis des résidents et le personnel semblait apaisé.

Nous nous retrouvons donc pour le transfert de maman. Nous préférions nous occuper tous les trois de cette délicate opération, sans nos familles respectives, les semaines et mois qui suivraient devraient offrir aux conjoints et petits enfants la possibilité de venir rendre visite à celle qui ne les reconnaissait plus.

Pour nous aussi l’éloignement se précisait, nous avions presque disparu de sa mémoire, le souvenir de ses enfants se délitait, seul le souvenir kinesthésique fonctionnait parfois, le contact de nos mains nous la ramenait. Quand assis à coté d’elle l’un de nous lui prenait les mains et les caressait doucement, longuement, alors comme une résurgence charnelle nous redevenions ses enfants, et précisément ses mots nous l’attestaient :

-Ah ma petite Lola, ma douce,

-Oh Gab, toujours avec une pointe d’inquiétude,

et aussi

-Mehdi mon grand .

Même si le lit et le fauteuil rappellent que nous sommes dans un établissement médical, nous nous étions attachés à aménager avec soin ce dernier espace, la commode, héritage de ses parents, sa vitrine aux curiosités, quelques livres qu ‘elle ne lisait plus depuis bien longtemps, un énorme pêle-mêle de photographies, quatre vingts ans d’événements familiaux, amicaux, les vacances, les mariages, les baptêmes, les fêtes, et une tripotée de Photomatons, nous offraient l’illusion d’un chez elle.

La matinée avançait, nous repoussions le moment de la séparation, vérifiant auprès de l’équipe médicale et du personnel administratif que les consignes étaient bien passées, médocs, prise en charge de l’assurance maladie, papier de tutelle, bijoux au coffre, nos numéros de téléphone. Face à notre désarroi, l’infirmière du service avec délicatesse, bienveillance et fermeté nous proposa de les quitter et de nous tenir informés dans les jours qui venaient de l’adaptation de notre mère à sa nouvelle maison.

Nous savions que nous l’abandonnions à un sort indigne.

Je devais déposer Jeanne et Gab au train, nous étions en avance, ils repartaient en début d’après midi pour Paris.

Nous roulions silencieusement sur la petite route départementale qui ramenait à l’autoroute, encore un peu sonnés par l’installation de maman dans cet établissement.

-Ben voilà, maman est installée, j’ai trouvé le personnel plutôt bien, ça me rassure.

-Ça va si vite, papa enterré, maman à l’Ehpad, après c’est notre tour.

-Je te rappelle que papa n’est pas enterré, il souhaitait qu’on dépose ses cendres dans le caveau familial. D’ailleurs à ce sujet là j’ai reçu le colis de la boite avec lequel il avait négocié un truc, j’ai pas réussi à savoir quoi. Toujours est-il que j’ai le colis, je n’y ai pas touché la consigne c’est qu’on l’ouvre ensemble.

-Mais il est où ce colis ?

-Je l’ai amené, il est derrière dans le coffre, je crains le pire.

« Mes chers enfants,

Nous voilà réunis une fois de plus, même si je reconnais que ma présence est toute relative, au moment où vous lisez cette lettre….

Si les choses se sont déroulées comme je le souhaitais, au moins dans les grandes lignes, vous êtes tous les trois ensemble, vous lisez cette lettre avant d’ouvrir le paquet qui vous est destiné. Je suppose votre inquiétude en ce moment, à moins qu’il ne s’agisse de lassitude, ou bien d’incrédulité.

Mon intention est moins de faire une dernière facétie, que de vous rappeler l’extrême importance qu’ont tenu vos vies dans la mienne.

A des places bien différentes et pour des raisons aussi bien différentes.

Je vous ai aimé différemment, par ce que vous êtes différents, uniques, particuliers, singuliers. Et puis vous le savez et comme j’aimais vous le rappeler « les enfants y en a qu ‘on aime plus que d’autres », et j’aurai dû vous préciser seulement en fonction des évènements et des périodes, jamais pour toujours.

Vous le savez, mais c’est bien de le redire, votre mère a été la femme de ma vie, notre rencontre n’est pas le fruit du hasard seul, bien des déterminants nous ont poussé dans les bras de l’un et de l’autre. Nous avons cheminé, compagnonné avec amour, respect et attention. Nous nous sommes, je pense, bien complétés, bien plus de trois fois.

Vous allez ouvrir le paquet, une dernière plaisanterie vous attend, je n’ai pas pu m’empêcher de vous taquiner, vous poursuivre dans vos cuisines respectives, continuer à pratiquer l’ingérence culinaire.

Je vous donne juste trois consignes indispensables, vous devez pouvoir le perdre, le casser, ou le jeter, mais surtout ne vous sentez pas encombré par cet objet taquin.

Je vous embrasse tendrement par avance. »

Nous n’avions pas encore ouvert le paquet, nous venions de lire la lettre d’accompagnement et, le serveur du restaurant où nous venions de nous arrêter venait nous relancer pour la commande.

Je laissais notre sœur défaire l’emballage léger du petit colis. Déposés dans leur écrin en carton bleu et velours intérieur gris, nous découvrons trois petits sabliers enserrés dans un support en bois blond.

– Bah c’est bien lui, un sablier avec ses cendres, chiant jusqu’au bout.

– Pfeu c’est naze et scabreux, je vais me presser de le perdre.

– Putain c’est dingue ce qu’il pouvait faire preuve de mauvais goût parfois.

– Vous avez choisi messieurs dame ?

– Oui, allez pour démarrer, nous prendrons trois œufs en meurette !


Punkelectro


Gvain (suite)

G20
T’as rien
J’ai tout

Ils se retrouvent
Les géants du PIB
Font de la pub
Exhibent
Leur intention
Mais se refusent
A toute action

Apéro et caviar
Ils la préparent
La fucking Cop 21
Loin du bien commun
Incapables d’envisager
L’imprévisible
De prévenir
L’irréversible

Entre ponction et perfusion
Ils entretiennent l’illusion
D’une éternelle thermo industrie

Ils privilégient le déni
Nos quinquas mâles occidentaux
Favorisent l’injustice sociale
Ferment de la violence
Forçats de la doxa libérale
Flatteurs du ça
Ils nous rapprochent
D’une ère infernale
Les gros bras du G20

Et nous éloignent
Encore et toujours
De la sobriété égalitaire
Jusqu’au prochain G20
Sans lendemain

 

 

 

G20 la suite


UNE SACRÉE SAINTE PAIRE

Père Bergoglio, mais t’es qui toi ? Rien de moins que le chef spirituel d’un milliard de cathos et le porte parole de Dieu sur Terre.
Il n’est pas gâté le boss du Vatican : sa banque, l’IOR, tient plus du casino pour sa gestion financière, et la gouvernance de la curie, d’une République bananière ; et surtout, pas un scooter devant les églises.
Qu’à cela ne tienne, le Père Bergoglio il a pratiqué la junte militaire Argentine ; alors, même pas peur. A la manière d’Héraclès il la nettoie la curie, du sous-sol de Saint Pierre au plafond de la Sixtine : reprise en main des comptes tordus de sa banque, et dans la foulée, mise au pas du Collège des cardinaux.
Et comme si ça ne suffisait pas, il a le culot de s’occuper des pauvres, de regarder les femmes dans les yeux, de cirer lui-même ses pompes papales, et même d’imaginer décoincer l’appareil religieux à défaut de tous ses apôtres ; ah le jésuite ! Et cerise sur le camauro, il prône l’écologie. Non pas qu’il veuille ripoliner le transept des cathédrales en vert. Non non ! Il milite pour l’écologie intégrale, pas moins que « le bien de la famille humaine dans le respect de la maison commune ».

Respect le Pape François !

Toi aussi va lire son Laudato si’, crois-moi ça ne fera pas de toi une grenouille de bénitier :

http://services.la-croix.com/documents/

Lomalenver à confesse

 


Chasseur cueilleur pilleur

Nous traversons la fraîcheur matinale en sinuant dans les hauteurs du Mercantour. Hésitant parfois dans la direction à suivre le long d’un sentier incertain, à gauche à droite, vers le haut, vers le bas, dans un interminable va et vient qui nous fait gagner quelques mètres, quelques dizaines de mètres et au final nous élever de quelques centaines de mètres. Nous avançons librement dans les creux et les bosses de la terre en direction de La Tête de L’Enchastraye. Une plateforme mille fois foulée par des génération de randonneurs dominant des vallées aux mille vaches sonores qui s’appliquent méthodiquement à tondre la pente pour faire le plein de leur alambic à or blanc.

Quelques heures plus loin, chacun s’attache laborieusement à s’arracher à la verticalité de l’endroit ; au dessus de nous planent quelques aigles. Silencieux, ils surveillent leur domaine. Nous croisons un troupeau de bouquetins qui s’active à gratter le minéral en quête du frugal végétal. Quelques mètres nous séparent de leurs regards orangés. S’amusent-ils de nos pitoyables efforts à nous soustraire à la vertigineuse gravité rocailleuse du coin, à moins que ce ne soit qu’une indifférente vigilance ?
Isolé dans mon attention à gagner le sommet, exigeant de mon corps de taire la fatigue, je jubile de la démesure de l’endroit, de la joie de m’éprouver bien vivant dans cet espace écrasant de beauté, de puissance, d’éternité.

Et dire que certains rêvent de Dubaï, de sa haute tour Burj Khalifa, de l’effervescence neigeuse de ses centres commerciaux aux mille consommateurs jamais rassasiés. Que la démesure de la nature est belle, paisible, effrayante et pourtant si rassurante, intemporelle quand celle des hommes me paraît si dérisoire et si provisoire.