Archives mensuelles : février 2014

L’angle Alpha

A toi qui travaille, qui travaille pour un patron, te-sais-tu objet de ses passions ? Entendons-nous bien ; quand je dis « objet de ses passions », je veux dire l’objet du désir de ton boss, son désir d’entreprendre. Non qu’il caresserait à ton encontre quelques désirs inavouables, c’est de l’ordre du possible, mais ça n’a rien à voir avec mon propos.

Toi, ton désir d’entreprendre, c’est comme pour le plus grand nombre, d’abord de payer tes factures et plus si liquidité.

Ouais, et alors, me diras-tu ?

Alors là, je réponds : prends garde à toi, travailleur, c’est à ton âme que s’intéresse le nouveau capitalisme ; ton corps et ton temps n’y suffisent plus, OPA sur tes affects mon bonhomme.

 

Judith Bernard  nous l’explique à l’oreille et à l’œil dans son spectacle,  Bienvenue dans l’angle Alpha, inspiré d’un bouquin de Frédéric Lordon, économiste et philosophe, Capitalisme, désir et servitude.

« Dans la représentation orthogonale de nos désirs dans la société capitaliste, l’angle alpha selon Lordon représente l’angle entre le désir maitre (celui de l’entrepreneur) et le désir des enrôlés (celui des salariés). La tendance du capitalisme est de réduire cet angle alors que la dissidence tend à l’augmenter ».

La mise en scène, en calque de nos affects tristes et joyeux, alterne sérieux et burlesque et défend que la lutte des affects n’a pas encore remplacé la lutte des classes, anesthésiée pour le moins.

Mais comme le dit Lomalenver, y voir clair dans ses désirs, c’est le début de la liberté, et des emmerdes avec son boss.

 

 

 

Angle Alpha

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