Archives mensuelles : février 2013

Miam miam

Ils broutent méthodiquement l’herbe grasse,

Paisibles ils se reposent,

Repoussent avec une bienveillante fermeté

Leurs poulains, échassiers maladroits.

Nerveux ils exhibent leurs muscles vibrants,

Solides attelages,

Ils tractent d’énormes charges,

Instruments du hasard, ils courent en rond,

Métabolisent des chevaux vapeurs

Et finissent déstructurés

En steaks hachés surgelés.

 

cheval


Miam

Elles broutent lentement l’herbe grasse,

Paisibles elles posent,

Repoussent avec une bienveillante maladresse

Les veaux qui tirent sur leurs pis.

Elles exhibent leurs mamelles tuméfiées sous la pression laiteuse,

Marmites infernales,

Elles ressassent indéfiniment le vert

Méthanisent la stratosphère

Et finissent déstructurées

En steaks hachés surgelés.

Vache


Y’a de l’espoir

Quand le Président Islandais, Olafur Ragnar Grimsson,

Tire les leçons des faillites bancaires de son île,

De ces banques qui pervertissent par des émoluments mirifiques,

De brillants mathématiciens, d’ingénieux informaticiens,

De ces banques que l’Islande a laissé choir,

Au risque d’énormes économies publiques,

Il constate que cela a permis la libération de talents

Au profit de filières innovantes

Et en particulier dans le secteur informatique.

 

Quand plus récemment le ministre de l’agriculture du Bhoutan,

Pays inventeur du BNB  le Bonheur National Brut,

Engage son pays dans une interdiction totale de l’utilisation d’intrant phytosanitaire

Qu’il annonce que d’ici à 2020

Toute la production agricole du pays sera bio,

Alors je me dis qu’ils sont géants ces états lilliputiens,

Et mes deux index hurlent à la face du web :

Hourra le Boutant !

You are a King Grimsson !

 

 

Lomalenver en joie !


Route de Nantes

Sur cette route bientôt rue

Longée d’anciennes tenues maraîchères

Trait d’union entre la campagne et la ville

Jaillissent et grandissent

Des ensembles bétonnés

Sous l’ombre bienveillante

De grues titanesques.

 

Ils semblent si peu nombreux

Les hommes en casques bleus

Qui s’activent à ces constructions

Rythmées par le lent ballet

Désordonné des toupies

Et l’incessant mouvement

Des camions de terrassement.

 

Elles poussent si vite

Ces fragiles habitations

A l’esthétique éphémère

Et aux matériaux périssables.

 

Je passe repasse quotidiennement

Sur cette route bientôt rue

Seul à bord de mon véhicule

Encadré de mes semblables

Dans une farandole lumineuse

Aux déjections gazeuses.

 

Mon regard se perd sur les chantiers

De cette route bientôt rue

Où se profilent pour demain

D’immondes cloaques sociaux

Bariolés d’une infâme expression

D’ennui et d’exclusion

Quand le béton a remplacé la pierre

Et le logement l’habitation.

 

 

grue